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Publié par legeekmoderne

Elémentaire, mon cher Watson!

Qui ne connait pas cette célèbre réplique et son charismatique auteur? Bon, j'espère que personne n'a levé la main (ça m'arrangerait, merci) mais dans le cas contraire, je vous invite vivement à lire les œuvres de Sir Arthur Conan Doyle puisque ce test est en effet consacré à la nouvelle enquête vidéoludique du plus grand des détectives : Sherlock Holmes dans sa nouvelles aventure baptisée Crimes & Punishments.

Frogwares, les développeurs du jeu, ne sont pas des débutants en la matière car ils nous proposent la septième aventure policière du flegmatique détective. Les choses ont certes bien changé depuis le premier opus

[MON AVIS] Sherlock Holmes: Crimes and Punishments

D'un classique point'n'click affublé d'un graphisme sommaire, nous voici projetés dans divers environnements londoniens mis en valeur par l' Unreal Engine 3 qui assure au titre une atmosphère envoûtante et mystérieuse (le joueur peut choisir à tout moment entre une vue à la première ou à la troisième personne). Les personnages ne sont pas en reste et bénéficient d'une modélisation faciale très réussie, idem pour les différentes expressions de leur visage. Quant aux voix de ces derniers, les développeurs ont eu l'intelligence de les laisser en anglais (les sous-titres sont en français, pas de panique) et de respecter l'accent de chaque individu en fonction de sa condition sociale et de ses origines. Heureusement, imaginez la catastrophe si un marin irlandais parlait avec un accent d'aristocrate britannique dans le jeu...bonjour la crédibilité! Bref, ces quelques remaniements de la forme ne vont pas révolutionner le petit monde du jeu vidéo, mais ils ont le mérite de favoriser l'immersion du joueur qui a toujours rêvé d'incarner le célèbre résident du 221B Baker Street.

[MON AVIS] Sherlock Holmes: Crimes and Punishments
[MON AVIS] Sherlock Holmes: Crimes and Punishments[MON AVIS] Sherlock Holmes: Crimes and Punishments[MON AVIS] Sherlock Holmes: Crimes and Punishments

Il n'y a pas que la forme qui change, le fond également. L'aventure est cette fois découpée en six enquêtes distinctes dont le dénouement se déroulera toujours de la même manière en demandant au joueur de faire un choix après avoir désigner le(s) coupable(s). Soit Sherlock laisse la justice faire son œuvre, soit il choisira d'être indulgent car le(s) coupable(s) bénéficie de circonstances atténuantes. Le joueur est donc face à un choix moral qui influencera les évènements de la cinématique clôturant l'enquête et le classement récapitulatif en fin de partie, une bonne façon d'inviter le joueur à s'investir dans le jeu.

Mais avant d'être confronté à ce choix cornélien, il faudra bien entendu mener l'enquête et il faut bien avouer qu'une certaine répétitivité est vite perceptible à ce stade: découverte d'indices, interrogatoires, mini-jeux et déductions, le tout saupoudré de nombreux trajets entre les différentes zones de l'enquête. Bonne idée des développeurs, la possibilité de consulter le carnet (indices, personnages, etc.) et les déductions durant le temps de chargement des trajets. Lorsqu'il recherche des indices, Sherlock dispose de deux capacités : Talent de vision et Imagination. La première est une acuité visuelle lui permettant de détecter des indices qu'un œil humain non-entraîné ne verrait pas (de légères éraflures autour d'une serrure par exemple). L'idée est bonne en théorie mais dans la pratique, une icône apparait pour signaler au joueur qu'il doit l'activer...dommage. La seconde capacité permet à Sherlock d'imaginer (sans blague!?) un évènement passé ou un objet ayant disparu mais j'avoue avoir du mal à voir en quoi cette capacité est pertinente. Quand Sherlock dit La marque visible dans la poussière laisse à penser qu'un objet se trouvait à cet endroit, peut-être une boîte je suis capable d'imaginer une boîte à cet endroit sans que le jeu le fasse pour moi. Je n'ai pas l'intellect de Sherlock mais tout de même...

[MON AVIS] Sherlock Holmes: Crimes and Punishments[MON AVIS] Sherlock Holmes: Crimes and Punishments
[MON AVIS] Sherlock Holmes: Crimes and Punishments[MON AVIS] Sherlock Holmes: Crimes and Punishments

Viennent ensuite les interrogatoires. Avant d'entrer dans le vif du sujet, Sherlock à la possibilité de scruter son interlocuteur (de la même manière que dans la série télévisée Sherlock, pour ceux qui connaissent) afin de dresser un portrait de son interlocuteur. Les informations ainsi glanées pourront servir à démasquer l'individu si ce dernier tente de mentir lors de l'interrogatoire. A nouveau, très bonne idée sur le papier mais sabotée par un effet figé de la scène (vous avez tout le temps pour balader le curseur à la recherche d'éléments, aucune pression) et une liste d'éléments à découvrir afficher à droite de votre écran. Il est vrai que ces éléments restent flous tant que vous ne les avez pas trouvés mais le fait de savoir leur nombre entache le plaisir de la découverte. L'interrogatoire peut enfin débuter, on enchaîne les questions disponibles et lorsque l'interlocuteur ment, le joueur doit appuyer sur une touche avant la fin du temps imparti (QTE) pour choisir un des éléments découverts lors de la phase précédente afin de piéger le menteur. Si le joueur choisi le mauvais élément, la scène recommence jusqu'à ce qu'il trouve le bon. Même chose pour le QTE, aucun risque d'erreur, le temps imparti est si long que l'échec est inenvisageable (d'autant plus que la touche est identique à chaque fois). Encore des bonnes idées...mais mal exploitées.

Les mini-jeux apportent un peu de piment aux enquêtes. A vous les joies du lancer de harpon sur la carcasse d'un cochon, les bras de fer virils où se mêlent observation du visage de l'adversaire et efforts physiques, le classique crochetage de serrure, la reconstitution d'images mentales et les expériences de chimie à faire pâlir d'envie le plus fou des savants fous. Bref, la diversité est au rendez-vous et c'est tant mieux!

Maintenant que les indices s'accumulent dans notre carnet de détective, l'heure est venue d'échafauder des hypothèses et de les confronter entre elles grâce au Fil de déduction (ooooooh dit le public ébahi). Lorsque vous reliez correctement deux indices, une hypothèse apparaît sous forme de synapse bleue dans le cerveau de Sherlock (d'où l'importance de collecter un maximum d'indices). Si deux hypothèses se contredisent, alors les synapses deviennent rouges et il faut les modifier. A noter qu'il n'y a pas qu'une seule hypothèse valide, le Fil de déduction peut très bien désigner coupable l'un ou l'autre suspect (en fonction des hypothèses que vous choisissez). Au final, c'est au joueur de désigner le coupable qui lui semble le plus probable. Bien qu'agréable d'utilisation, le détective amateur que je suis a cependant un bémol à formuler concernant ce Fil de déduction : il serait facile (et logique) d'approfondir/vérifier certaines hypothèses en allant à nouveau interroger certains suspects mais voilà, les développeurs en ont décidé autrement et estiment que le joueur a suffisamment d'éléments à sa disposition pour clore l'enquête. Frustrant...

Ma conclusion va peut-être vous étonner car d'une part, je ne suis pas avare de critiques vis-à-vis de ce jeu et d'autre part, j'ai vraiment apprécié d'y jouer. Frogwares a choisi de faire évoluer cette franchise, ce jeu fait donc office de transition, il ne faut pas l'oublier. Tous les ingrédients sont là mais ils sont cuisinés sommairement (j'espère que le prochain Sherlock corrigera ce défaut). L'aspect dirigiste du titre, les bonnes idées mal exploitées et l'absence de réelle difficulté ne jouent pas en sa faveur mais si vous appréciez l'univers de Sherlock Holmes, l'immersion fonctionne parfaitement. Les défauts cités précédemment laissent vite la place au plaisir de découvrir une nouvelle enquête de Sherlock et d'en connaître le dénouement. En fait, pour vraiment l'apprécier, il ne faut pas y jouer en pensant Bah, ce n’est pas grave si je me trompe! Mais Que dirait ou ferait Sherlock ? Si vous êtes capables de l'aborder ainsi, vous ne regretterez pas votre séjour en Angleterre.

Élémentaire, mon cher lecteur!

Tout comme Karim, Pierre c'est maintenant au tour de Philippe de rejoindre l'équipe du Geekmoderne, la famille s’agrandit et je le remercie d'avoir pris un peu de son temps (entre deux partie de Dark Soul 2) pour m'avoir donné un coups de main sur cet avis !

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